﻿{"id":22669,"date":"2018-10-15T20:05:12","date_gmt":"2018-10-15T20:05:12","guid":{"rendered":"http:\/\/www.stjoseph-nay.com\/?p=22669"},"modified":"2018-10-15T20:05:12","modified_gmt":"2018-10-15T20:05:12","slug":"pour-ce-portrait-du-15-octobre-2018-nous-ne-pouvions-faire-autrement-que-de-vous-rappeler-ceux-de-notre-justin-decede-ce-mardi-9-octobre-a-lage-de-94-ans-parus-fin-mars-et-debut-avril-2014-a-lire","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.stjoseph-nay.com\/?p=22669","title":{"rendered":"Pour ce portrait du 15 octobre 2018 nous ne pouvions faire autrement que de vous rappeler ceux de notre Justin, d\u00e9c\u00e9d\u00e9 ce mardi 9 octobre \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge de 94 ans, parus fin mars et d\u00e9but avril 2014. A lire, \u00e0 d\u00e9guster, pour bien s\u2019impr\u00e9gner de qui il \u00e9tait !"},"content":{"rendered":"<p><span style=\"font-size: 12pt;\"><strong><u>Portrait du 31 Mars 2014 : <\/u>Justin Laban<\/strong><\/span><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"ngg-singlepic ngg-left\" src=\"http:\/\/www.stjoseph-nay.com\/wp-content\/gallery\/portraits\/photo-justin.jpg\" alt=\"photo-justin\"><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 12pt;\"><strong>Pour ce 21<sup>\u00e8me<\/sup> portrait, nous allons vous pr\u00e9senter une Institution, le plus vieux Monsieur de St Jo, et quel Monsieur&nbsp;: Notre Abb\u00e9 Justin Laban. Il a accept\u00e9 de se plonger dans ses souvenirs et de nous faire partager tous ses tr\u00e9sors d\u2019histoire et de vie\u2026 Un pur bonheur \u00e0 \u00e9couter, \u00e0 \u00e9crire, et je l\u2019esp\u00e8re, pour vous de le lire&nbsp;!<\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 12pt;\"><strong>Et comme vous vous en doutez, cette interview, compar\u00e9e au v\u00e9cu d\u2019un \u00e9l\u00e8ve de 12 ans, est forc\u00e9ment beaucoup beaucoup plus longue&#8230; Vous aurez donc droit, \u00e0 une suite le lundi 6 Avril 2014\u2026<\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 12pt;\"><strong>C\u00e9line Ruiz&nbsp;: Mon p\u00e8re, question tr\u00e8s indiscr\u00e8te pour commencer, vous avez quel \u00e2ge&nbsp;?<\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 12pt;\"><strong><em>Justin Laban&nbsp;: Je vais bient\u00f4t finir mes 90 ans.<\/em><\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 12pt;\"><strong>C.R&nbsp;: Vous \u00eates arriv\u00e9s \u00e0 St Jo en quelle ann\u00e9e&nbsp;?<\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 12pt;\"><strong><em>J.L&nbsp;: Je suis l\u00e0 depuis 1937, mais quand je suis venu, c\u2019\u00e9tait un coll\u00e8ge tout \u00e0 fait diff\u00e9rent. A l\u2019\u00e9poque il y avait comme professeurs 18 pr\u00eatres, il n\u2019y avait pas de professeur la\u00efque. J\u2019ai vu surtout les changements de paysage. C\u2019\u00e9tait le coll\u00e8ge St Joseph qui depuis 1907 recevait aussi les \u00e9l\u00e8ves du s\u00e9minaire de Bayonne. Parmi ceux qui \u00e9taient \u00e9l\u00e8ves \u00e0 ce moment-l\u00e0, il y en avait qui \u00e9taient l\u00e0 pour pr\u00e9parer le bac, et d\u2019autres qui \u00e9taient l\u00e0 pour passer le bac mais pour se pr\u00e9parer aussi \u00e0 aller au grand s\u00e9minaire, ce qui f\u00fbt mon cas (le s\u00e9minaire \u00e9tant&nbsp; l\u2019endroit o\u00f9 on se pr\u00e9pare pour \u00eatre pr\u00eatre).<\/em><\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 12pt;\"><strong>C.R&nbsp;: Dans les ann\u00e9es 30, je crois qu\u2019il n\u2019y avait pas encore de cours d\u2019agriculture&nbsp;?<\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 12pt;\"><strong><em>J.L&nbsp;: Et non, \u00e7a fait juste 60 ans cette ann\u00e9e, \u00e7a n\u2019a donc commenc\u00e9 qu\u2019en 1954. En 1954, il n\u2019y &nbsp;avait que 7 ou 8 \u00e9l\u00e8ves. Ils se sont d\u00e9j\u00e0 r\u00e9unis, et vont se r\u00e9unir de nouveau cette ann\u00e9e pour f\u00eater les 60 ans. Parce que jusque-l\u00e0, c\u2019\u00e9tait simplement de l\u2019enseignement secondaire d\u00e9pendant du minist\u00e8re de l\u2019\u00e9ducation nationale. Mais par contre, les abb\u00e9s Dupont qui avaient fond\u00e9 la maison, s\u2019int\u00e9ressaient beaucoup \u00e0 l\u2019agriculture, et c\u2019est comme \u00e7a qu\u2019apr\u00e8s avoir r\u00e9alis\u00e9 le coll\u00e8ge, construit les b\u00e2timents essentiels du coll\u00e8ge en 1887, en 1891, ils construisirent une belle \u00e9table, qui f\u00fbt \u00e9table mod\u00e8le pour la r\u00e9gion m\u00eame. Et du coup, apr\u00e8s, ils n\u2019eurent plus d\u2019argent pour construire une chapelle parce qu\u2019ils devaient s\u2019occuper du principal. Par contre, ce qu\u2019ils firent \u00e0 partir de ce moment-l\u00e0, parce qu\u2019ils \u00e9taient trois fr\u00e8res pr\u00eatres, ils r\u00e9alis\u00e8rent la construction de ce qu\u2019on appelle \u00e0 l\u2019\u00e9poque l\u2019hospice St Joseph, c\u2019est-\u00e0-dire la maison St Joseph qui est devenu actuellement maison de retraite. <\/em><\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 12pt;\"><strong>C.R&nbsp;: En 1937, vous \u00eates arriv\u00e9 en quelle classe&nbsp;?<\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 12pt;\"><strong><em>J.L&nbsp;: En 6<sup>\u00e8me<\/sup>. Eh oui, c\u2019\u00e9tait les m\u00eames classes qu\u2019aujourd\u2019hui.<\/em><\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 12pt;\"><strong>C.R&nbsp;: Vous avez donc connu l\u2019occupation de St Jo par les allemands&nbsp;?<\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 12pt;\"><strong><em>J.L&nbsp;: Entre temps \u00e7a a \u00e9t\u00e9 la guerre. Certains professeurs sont partis \u00e0 la guerre, ont \u00e9t\u00e9 prisonniers, et sont revenus apr\u00e8s, comme l\u2019abb\u00e9 Caubet par exemple qui est mort \u00e0 cent ans l\u2019an dernier.<\/em><\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 12pt;\"><strong>C.R&nbsp;: Pendant la guerre, on a ici des images fortes de St Jo avec le drapeau nazi qui flotte dans le clo\u00eetre, pouvez-vous nous raconter un peu cette \u00e9poque&nbsp;?<\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 12pt;\"><strong><em>J.L&nbsp;: En 1942, le coll\u00e8ge a \u00e9t\u00e9 occup\u00e9 par l\u2019arm\u00e9e allemande.<\/em><\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 12pt;\"><strong>C.R&nbsp;: Et vous, vous continuiez \u00e0 avoir cours&nbsp;?<\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 12pt;\"><strong><em>J.L&nbsp;: Et oui, tous les \u00e9l\u00e8ves n\u2019\u00e9taient pas rest\u00e9s, mais nous qui \u00e9tions en principe destin\u00e9s ou qui souhaitions devenir pr\u00eatre, on nous avait gard\u00e9 les places pour cela, on continuait \u00e0 avoir cours, mais il n\u2019y avait qu\u2019une partie de la maison qui \u00e9tait \u00e0 notre disposition et un certain nombre d\u2019\u00e9l\u00e8ves allaient dormir \u00e0 la maison St Joseph en bas. Et moi-m\u00eame, avec d\u2019autres, on allait dormir dans des fermes ici au-dessus.<\/em><\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 12pt;\"><strong>C.R&nbsp;: Pourquoi, parce que les dortoirs \u00e9taient r\u00e9quisitionn\u00e9s par les allemands&nbsp;?<\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 12pt;\"><strong><em>J.L&nbsp;: Et oui, et c\u2019est \u00e0 ce moment-l\u00e0 qu\u2019ils avaient mis le drapeau avec la croix gamm\u00e9e. On les entendait, parce qu\u2019on \u00e9tait dans des b\u00e2timents nouveaux ici qui avaient \u00e9t\u00e9 faits simplement en 1939 juste avant la guerre. Ce corps de b\u00e2timent \u00e9tait rest\u00e9 \u00e0 notre disposition, pendant que nous \u00e9tions l\u00e0, quand les allemands faisaient des man\u0153uvres dans la cour, quand ils marchaient au pas ou qu\u2019ils criaient, c\u2019\u00e9tait pas facile de suivre les cours et de travailler, mais \u00e7a fait rien. On a v\u00e9cu des choses\u2026<\/em><\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 12pt;\"><strong>C.R&nbsp;: Est-ce que vous aviez peur&nbsp;?<\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 12pt;\"><strong><em>J.L&nbsp;: Non, pas vraiment, parce qu\u2019au bout d\u2019un certain temps, on s\u2019\u00e9tait habitu\u00e9 \u00e0 vivre avec ces allemands. Ils ne nous faisaient pas mal, Ils avaient occup\u00e9 le pr\u00e9au o\u00f9 ils avaient entass\u00e9 les obus, les canons \u00e9taient stationn\u00e9s dans la cour de r\u00e9cr\u00e9ation vers la ferme, et puis ils occupaient le reste de la maison, mais non non,&nbsp; ils n\u2019\u00e9taient pas m\u00e9chants pour nous. D\u2019ailleurs on a gard\u00e9 une photo, qu\u2019il est possible de voir aussi, o\u00f9 l\u2019un de ces derniers occupants, un jeune allemand qui \u00e9tait tout jeune, \u00e0 peine 18 ans, peu de temps avant qu\u2019ils partent parce qu\u2019ils avaient \u00e9t\u00e9 affect\u00e9s ailleurs, discute avec les professeurs d\u2019ici. Par contre, on vivait \u00e0 ce moment-l\u00e0 comme tout le monde en France avec une alimentation disons \u00ab&nbsp;mod\u00e9r\u00e9e&nbsp;\u00bb.<\/em><\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 12pt;\"><strong>C.R&nbsp;: Oui, parce que du coup, vous ne mangiez pas la m\u00eame chose qu\u2019eux&nbsp;?<\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 12pt;\"><strong><em>J.L&nbsp;: Ah non non, eux faisaient leurs propres plats, mais ils avaient laiss\u00e9 ici une partie de la cuisine \u00e0 notre disposition. Ce qui fait qu\u2019on mangeait ici dans l\u2019arri\u00e8re cuisine, bon on \u00e9tait pas tr\u00e8s nombreux, mais on mangeait \u00e0 la dure, comme toutes les autres familles. Attention, on a pas \u00e9t\u00e9 des h\u00e9ros pour \u00e7a&nbsp;!<\/em><\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 12pt;\"><strong>C.R&nbsp;: Donc cette p\u00e9riode, moment fort de votre vie\u2026<\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 12pt;\"><strong><em>J.L&nbsp;: Oui, et puis apr\u00e8s quand on a pass\u00e9 le bac \u00e0 la fa\u00e7on de l\u2019\u00e9poque. Parce que le bac, c\u2019\u00e9tait sans option, on passait le fran\u00e7ais, mais aussi le latin, le grec, la langue espagnole\u2026 Les \u00e9tudes n\u2019\u00e9taient pas les m\u00eames. On faisait beaucoup d\u2019exercices, le temps de cours \u00e9tait relativement limit\u00e9 mais le temps de travail \u00e9tait cons\u00e9quent. On avait les grandes vacances, mais pour le reste, on avait 2 jours \u00e0 la Toussaint, 3 jours \u00e0 Carnaval, 3 ou 4 jours \u00e0 No\u00ebl, 5 ou 6 jours \u00e0 P\u00e2ques, et c\u2019est tout&nbsp;! Mais on avait chaque semaine des promenades, alors on partait en rang avec les surveillants qui nous accompagnaient, et c\u2019est comme \u00e7a qu\u2019on d\u00e9couvrait ici la campagne des environs. Et puis la saison on ramassait des ch\u00e2taignes, ou bien on cueillait des \u00e9crevisses dans le Beez l\u00e0-bas en bas. Non, on vivait bien&nbsp;!<\/em><\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 12pt;\"><strong>C.R&nbsp;: Vous avez \u00e9t\u00e9 ordonn\u00e9 pr\u00eatre \u00e0 quel \u00e2ge&nbsp;?<\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 12pt;\"><strong><em>J.L&nbsp;: Avant d\u2019\u00eatre ordonn\u00e9 pr\u00eatre, je suis parti au Grand S\u00e9minaire \u00e0 Bayonne, pour avoir la formation pour \u00eatre pr\u00eatre. Seulement, en 1946-47, comme j\u2019\u00e9tais dans une classe qui aurait d\u00fb \u00eatre au service militaire mais qui n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 appel\u00e9e, on nous a dit \u00ab&nbsp;bon vous allez faire une ann\u00e9e de stage&nbsp;\u00bb, et on m\u2019a envoy\u00e9 en stage tout simplement \u00e0 St Joseph de Nay. Ce qui veut dire qu\u2019en 46-47, j\u2019\u00e9tais d\u00e9j\u00e0 professeur stagiaire ici. Et c\u2019est l\u00e0 que je me suis r\u00e9concili\u00e9 avec la vie et le travail de professeur, parce que jusque-l\u00e0, je voulais surtout pas \u00eatre professeur. Mais l\u00e0 je me suis aper\u00e7u que lorsqu\u2019on surveille le dortoir, qu\u2019il y a des enfants qui pleurent parce qu\u2019ils ont mal aux dents, que ceci&nbsp; ou que cela, on finit par comprendre que la vie m\u00eame d\u2019un surveillant est une occasion d\u2019\u00eatre proche de ceux qui sont l\u00e0, de les aider et de les \u00e9couter au moins, et quelques fois de r\u00e9pondre \u00e0 ce qu\u2019ils ont besoin.<\/em><\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 12pt;\"><strong><em>&nbsp;L\u00e0, j\u2019y suis rest\u00e9 un an, et le sup\u00e9rieur de l\u2019\u00e9poque m\u2019a convoqu\u00e9 et m\u2019a dit qu\u2019il aimerait que je fasse des cours d\u2019agriculture. Moi je lui ai r\u00e9pondu \u00ab&nbsp;des cours d\u2019agriculture&nbsp;??&nbsp;\u00bb, et oui, il m\u2019a dit, \u00ab&nbsp;parce que les jeunes qui viennent ici sont des environs, ils viennent passer le certificat d\u2019\u00e9tudes, et ils veulent quelque chose en plus donc vous allez leur enseigner l\u2019agriculture&nbsp;!&nbsp;\u00bb. Moi je lui ai r\u00e9pondu&nbsp;: \u00ab&nbsp;Mais je ne l\u2019ai pas \u00e9tudi\u00e9e moi&nbsp;!&nbsp;\u00bb. Alors il m\u2019a dit&nbsp;: \u00ab&nbsp;Mais votre p\u00e8re est agriculteur&nbsp;!&nbsp;\u00bb, j\u2019ai rench\u00e9ris&nbsp;: \u00ab&nbsp;Oui, mais le leur aussi, donc ce que leur p\u00e8re leur a appris, mon p\u00e8re me l\u2019a appris !&nbsp;\u00bb. <\/em><\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 12pt;\"><strong><em>Ce qui fait que lorsque j\u2019ai \u00e9t\u00e9 ordonn\u00e9 pr\u00eatre en 1950, tu vois \u00e7a emm\u00e8ne loin d\u00e9j\u00e0, pendant les vacances, on m\u2019a dit vous irez \u00e0 Toulouse \u00e0 l\u2019\u00e9cole sup\u00e9rieure d\u2019Agriculture de Purpan, comme \u00e7a vous vous formerez pour l\u2019Agriculture, il n\u2019y a pas de pr\u00eatre form\u00e9 pour \u00e7a, et puis, on vit dans un monde rural, les Abb\u00e9s Dupont \u00e9taient aussi pour le monde rural. C\u2019est comme \u00e7a que j\u2019ai \u00e9t\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9cole de Purpan, comme j\u2019avais d\u00e9j\u00e0 le bac, je n\u2019y ai fait que deux ans, j\u2019ai pass\u00e9 l\u2019examen final comme tout le monde. J\u2019ai m\u00eame commenc\u00e9 une th\u00e8se qui n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 finie bien s\u00fbr&nbsp;! C\u2019est pour \u00e7a que je n\u2019ai pas le titre d\u2019ing\u00e9nieur, certains le disent, mais non, je n\u2019ai pas une t\u00eate pour \u00e7a d\u2019ailleurs. <\/em><\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 12pt;\"><strong>C.R&nbsp;: Vous aviez pr\u00e9sent\u00e9 une th\u00e8se sur quoi, vous vous en rappelez&nbsp;?<\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 12pt;\"><strong><em>J.L&nbsp;: Oh oui oui, sur l\u2019\u00e9volution de la vall\u00e9e de Pontacq, la vall\u00e9e de l\u2019Ousse, compar\u00e9e \u00e0 celle de la vall\u00e9e du Gave de Pau. J\u2019avais des photos a\u00e9riennes, j\u2019ai les documents encore, j\u2019ai gard\u00e9 les photos parce que c\u2019est int\u00e9ressant de mesurer cette \u00e9volution du monde agricole. Car il faut bien se rendre compte que c\u2019\u00e9tait une p\u00e9riode tr\u00e8s importante, parce que juste apr\u00e8s la guerre, ici on a d\u00e9couvert le ma\u00efs hybride \u00e0 l\u2019am\u00e9ricaine, \u00e7a a \u00e9t\u00e9 une occasion de faire beaucoup de progr\u00e8s. Les rendements ont \u00e9t\u00e9 multipli\u00e9s par deux ou trois, voire plus. Et puis on a appris \u00e0 ne plus simplement utiliser les herbes telles qu\u2019elles poussent, mais \u00e0 semer des prairies permanentes. C\u2019est pour \u00e7a qu\u2019un copain de classe, un certain Xavier Bonnemaison qui \u00e9tait de St Abit, un oncle \u00e0 J.Pierre Junca, m\u2019avait demand\u00e9 de faire ici dans la maison, des champs d\u2019exp\u00e9riences. C\u2019\u00e9tait les premi\u00e8res exp\u00e9riences que l\u2019on faisait sur les d\u00e9sherbants chimiques, ce qui \u00e9tait absolument unique. C\u2019est comme \u00e7a qu\u2019on a eu la visite de gens de tous les pays d\u2019Am\u00e9rique du Sud, des russes m\u00eame&nbsp;! Vers 1956 ou 57, \u00e0 cette \u00e9poque je vivais tout le temps avec la soutane, sauf quand je travaillais dans les champs d\u2019exp\u00e9riences ou je portais alors des habits comme les surplus am\u00e9ricains, j\u2019\u00e9tais costum\u00e9 en vert et rouge. Ce qui fait que les voisins ils se disaient \u00ab&nbsp;c\u2019est que ces gens-l\u00e0 ils sont forts quand m\u00eame, ils ont r\u00e9ussi \u00e0 avoir un prisonnier allemand pour leur cultiver les champs&nbsp;!&nbsp;\u00bb. Quand je passais au bord de la route pour aller d\u00e9sherber les champs d\u2019exp\u00e9riences, j\u2019\u00e9tais costum\u00e9 pour eux comme un prisonnier allemand&nbsp;!<\/em><\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 12pt;\"><strong><em>&nbsp;<\/em>C.R&nbsp;: Ces champs d\u2019exp\u00e9riences, ils se trouvaient o\u00f9&nbsp;?<\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 12pt;\"><strong><em>J.L&nbsp;: De l\u2019autre c\u00f4t\u00e9, en fait l\u00e0 o\u00f9 il y a le parking maintenant. Et quand les russes sont venus, c\u2019\u00e9tait une apr\u00e8s-midi, et \u00e7a a \u00e9t\u00e9 une histoire extraordinaire, j\u2019\u00e9tais habill\u00e9 en soutane, mon copain arrive, on se parle simplement et en souriant. Les russes nous regardaient, nous regardaient, et juste \u00e0 ce moment-l\u00e0 arrivaient les \u00e9l\u00e8ves en file indienne pour entrer dans la chapelle, parce qu\u2019\u00e0 cette \u00e9poque-l\u00e0 il y avait une c\u00e9r\u00e9monie de pri\u00e8re \u00e0 la chapelle dans l\u2019apr\u00e8s-midi, c\u2019\u00e9tait au mois de rosaire, au mois d\u2019octobre, les portes \u00e9taient grandes ouvertes, il y avait les cierges allum\u00e9s qu\u2019on voyait de loin, et il fallait voir la t\u00eate de ces russes qui regardaient avec des yeux vers la chapelle allum\u00e9e et les \u00e9l\u00e8ves qui restaient l\u00e0. \u00c7a devait leur rappeler pleins de choses, parce qu\u2019attention, c\u2019\u00e9tait l\u2019\u00e9poque du marxisme. Eux avaient \u00e9t\u00e9 la premi\u00e8re \u00e9quipe d\u2019ing\u00e9nieurs autoris\u00e9e \u00e0 passer ce qu\u2019on appelait \u00ab&nbsp;le rideau de fer&nbsp;\u00bb ! On va dans les jardins visiter, parce qu\u2019il y avait aussi des exp\u00e9riences l\u00e0-bas, et sur les c\u00f4t\u00e9s, il y avait des orties. Et il y a un de ces ing\u00e9nieurs qui a voulu en ramasser. L\u2019autre l\u2019arr\u00eate et lui dit&nbsp;: \u00ab&nbsp;non non, prends pas \u00e7a&nbsp;!&nbsp;\u00bb. Il r\u00e9torqua \u00ab&nbsp;pourquoi&nbsp;?&nbsp;\u00bb. J\u2019ai compris \u00e0 ce moment-l\u00e0 qu\u2019entre eux ces ing\u00e9nieurs ne se comprenaient pas, ils ne parlaient pas tous la m\u00eame langue. L\u2019autre a essay\u00e9 de lui expliquer, et finalement il lui a dit \u00ab&nbsp;urtica urens&nbsp;!\u00bb, c\u2019est le nom latin de la plante \u00ab&nbsp;ortie brulante&nbsp;\u00bb&nbsp;! C\u2019est comme \u00e7a que par le latin, deux ing\u00e9nieurs russes ont pu se comprendre chez nous dans le jardin du coll\u00e8ge&nbsp;! Ah, j\u2019ai v\u00e9cu des choses<\/em>\u2026&nbsp;&nbsp; Il en rigole encore&nbsp;!<\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 12pt;\"><strong>Suite le lundi 7 Avril\u2026<\/strong><\/span><\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"ngg-singlepic ngg-left\" src=\"http:\/\/www.stjoseph-nay.com\/wp-content\/gallery\/portraits\/photo_justin_70413.jpg\" alt=\"photo_justin_70413\"><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 12pt;\"><strong><u>Portrait du 7 Avril 2014 : <\/u>Justin Laban (2<sup>\u00e8me<\/sup> partie)<\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 12pt;\"><strong>Pour ce 22<sup>\u00e8me<\/sup> portrait, suite de la longue interview de notre Abb\u00e9 Justin Laban. Souvenez-vous le portrait du 31 mars nous faisait d\u00e9couvrir ses d\u00e9buts \u00e0 St Jo de 1937 aux ann\u00e9es 50 (en tant qu\u2019\u00e9l\u00e8ve pendant la 2<sup>\u00e8me<\/sup> guerre mondiale, avec un \u00e9tablissement occup\u00e9 par les allemands&nbsp;; sa formation de pr\u00eatre, ses \u00e9tudes&nbsp;; et ensuite ses premiers pas en tant qu\u2019enseignant d\u2019Agriculture qui exploite et fait d\u00e9couvrir de nouvelles technologies qui vont apporter une grande \u00e9volution dans le monde agricole)\u2026<\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 12pt;\"><strong><em>Justin Laban&nbsp;: C\u2019est en 1954 que l\u2019on a vraiment commenc\u00e9 les cours sp\u00e9ciaux sur l\u2019agriculture, et c\u2019est pour cela que cette ann\u00e9e, on va c\u00e9l\u00e9brer sa soixanti\u00e8me ann\u00e9e. Au d\u00e9but, il n\u2019y avait que 7 ou 8 \u00e9l\u00e8ves, et puis apr\u00e8s on s\u2019est aussi occup\u00e9 de l\u2019horticulture. A cette \u00e9poque, on \u00e9tait tr\u00e8s m\u00eal\u00e9 \u00e0 la vie agricole, on allait beaucoup dans les champs, chez les agriculteurs, on \u00e9tait avec les conseillers agricoles du coin et on participait aux activit\u00e9s de l\u2019ensemble de l\u2019agriculture, on vivait en plein air. Il fallait que les jeunes&nbsp; soient vraiment au courant de ce qui se passait dans le monde agricole et pas seulement de ce que pouvait dire un professeur aussi savant qu\u2019il soit.<\/em><\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 12pt;\"><strong>C\u00e9line Ruiz&nbsp;: En 1950, il y avait combien d\u2019\u00e9l\u00e8ves ici&nbsp;?<\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 12pt;\"><strong><em>J.L&nbsp;: Environ 180. <\/em><\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 12pt;\"><strong>C.R&nbsp;: A cette \u00e9poque, l\u2019\u00e9tablissement \u00e9tait mixte ou pas encore&nbsp;?<\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 12pt;\"><strong><em>J.L&nbsp;: Oh non&nbsp;! Que des gar\u00e7ons&nbsp;! La premi\u00e8re fille, qui habitait \u00e0 Assat est arriv\u00e9e 4 ou 5 ann\u00e9es apr\u00e8s. Elle venait pour l\u2019horticulture. Puis apr\u00e8s une autre d\u2019Arros pour l\u2019agriculture. Mais ou sinon, les filles sont arriv\u00e9es longtemps apr\u00e8s. Il n\u2019y avait que des gar\u00e7ons.<\/em><\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 12pt;\"><strong>C.R&nbsp;: Dans les ann\u00e9es 60-70, est-ce qu\u2019il y a d\u2019autres passages, des bouleversements, ou des \u00e9tapes importantes qui ont marqu\u00e9 votre vie \u00e0 St Jo&nbsp;?<\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 12pt;\"><strong><em>J.L&nbsp;: En 1972, il y avait un \u00e9conome, l\u2019abb\u00e9 Lartiguet, qui \u00e9tait \u00e9galement cur\u00e9 \u00e0 Asson, qui a fait une r\u00e9volution \u00e0 l\u2019\u00e9poque. Tous les greniers qui ne servaient \u00e0 rien, il les a convertis en chambre pour loger les \u00e9l\u00e8ves, et c\u2019est gr\u00e2ce \u00e0 \u00e7a que le coll\u00e8ge par la suite a \u00e9t\u00e9 mieux cot\u00e9 parce que les \u00e9l\u00e8ves pouvaient \u00eatre \u00e0 deux ou \u00e0 quatre par chambre. Et m\u00eame, quelques temps apr\u00e8s, les grands dortoirs o\u00f9 il y avait 80 \u00e9l\u00e8ves, on les a coup\u00e9s en deux ou trois de fa\u00e7on \u00e0 ce que les \u00e9l\u00e8ves ne soient plus perdus dans une foule, et qu\u2019ils puissent communiquer entre eux. C\u2019est aussi \u00e0 ce moment-l\u00e0 qu\u2019a \u00e9t\u00e9 construit le b\u00e2timent qui abrite aujourd\u2019hui les classes coll\u00e8ge et un appartement o\u00f9 j\u2019ai la chance de vivre actuellement avec une vue imprenable sur le Gabizos.<\/em><\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 12pt;\"><strong><em>&nbsp;<\/em>C.R&nbsp;: Donc dans les ann\u00e9es 70, la mixit\u00e9 du coll\u00e8ge se fait progressivement, avec des filles qui viennent surtout pour l\u2019horticulture, mais cette s\u00e9paration entre le g\u00e9n\u00e9ral et l\u2019agricole, elle a eu lieu quand&nbsp;?<\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 12pt;\"><strong><em>J.L&nbsp;: Ah mais attention, il y avait des gens ici qui le prenaient pour une s\u00e9paration, mais en r\u00e9alit\u00e9 c\u2019\u00e9tait une section agricole. Pour r\u00e9aliser cela et surtout pour faire passer des dipl\u00f4mes, il fallait des gens dipl\u00f4m\u00e9s comme formateur, et j\u2019\u00e9tais le seul. C\u2019est moi qui faisais, qui signais tous les papiers administratifs parce qu\u2019on d\u00e9pendait du minist\u00e8re de l\u2019Agriculture et non du minist\u00e8re de l\u2019Education Nationale, mais on vivait quand m\u00eame dans la m\u00eame maison. Il y avait le coll\u00e8ge St Joseph avec un directeur qui d\u00e9pendait du Minist\u00e8re de l\u2019Education Nationale et Les Mouli\u00e9rats, la partie agricole, dont j\u2019avais la responsabilit\u00e9. Il y avait donc des \u00e9l\u00e8ves inscrits dans les classes agricoles et d\u2019autres dans les classes d\u2019enseignement g\u00e9n\u00e9ral. La section agricole o\u00f9 il y avait au d\u00e9part 7 ou 8 \u00e9l\u00e8ves s\u2019est agrandie jusqu\u2019\u00e0 presque 100 et m\u00eame d\u2019avantage. Ce qui attirait, c\u2019\u00e9tait surtout par le fait que l\u2019on vivait beaucoup en pleine nature. Certains de nos anciens \u00e9l\u00e8ves sont devenus apr\u00e8s des responsables agricoles ou des maires communaux. On les formait beaucoup \u00e0 la responsabilit\u00e9.<\/em><\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 12pt;\"><strong>C.R&nbsp;: Un autre moment fort v\u00e9cu ici&nbsp;?<\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 12pt;\"><strong><em>J.L&nbsp;: Y\u2019en a trop. Y\u2019aurait pas de quoi en faire un livre, mais des quantit\u00e9s de livres&nbsp;! Sauf que jusque-l\u00e0, je n\u2019ai \u00e9crit aucun livre, et je n\u2019en \u00e9crirai jamais aucun. Par contre, j\u2019ai particip\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9criture de beaucoup de revues. Tu sais, avec les autres enseignants on se retrouvait souvent, on avait une vie tr\u00e8s fraternelle. On se r\u00e9unissait toutes les semaines, on faisait des repas bien comme il faut. C\u2019est \u00e0 ce moment-l\u00e0 que l\u2019organisation nationale de l\u2019enseignement catholique agricole nous a annonc\u00e9&nbsp;qu\u2019au lieu de prendre d\u2019avantage de secr\u00e9taires \u00e0 Paris, ils voulaient demander \u00e0 des gens qui sont sur le terrain de porter des nouvelles de ce qui se passe, et de rapporter des nouvelles de la capitale \u00e0 leur r\u00e9gion&nbsp;\u00bb. Donc, il y a eu une \u00e9poque o\u00f9 j\u2019allais \u00e0 Paris toutes les semaines ou tous les quinze jours. C\u2019\u00e9tait tr\u00e8s pratique pour moi, il y avait le train, il y avait la palombe bleue. Je prenais le train le soir \u00e0 22h00, j\u2019arrivais \u00e0 Paris le matin, on faisait une journ\u00e9e d\u2019\u00e9tudes, et le soir je prenais le train de retour et rentrer ici le lendemain matin \u00e0 pieds de la gare avec un plaisir comme il faut.<\/em><\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 12pt;\"><strong><em>Etant un responsable (nous \u00e9tions 9 responsables en France) j\u2019avais comme responsabilit\u00e9 tous les \u00e9tablissements d\u2019Aquitaine et de Poitou-Charentes, ce qui fait que j\u2019allais de Maul\u00e9on des Pyr\u00e9n\u00e9es Atlantiques \u00e0 Maul\u00e9on pr\u00e8s de Nantes. Je circulais beaucoup, et il fallait beaucoup de patience et de g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 aux professeurs de l\u2019\u00e9poque pour me remplacer. D\u2019ailleurs, pendant un certain temps, je ne pouvais plus assurer des cours ou tr\u00e8s peu. Mais il y avait entre nous une souplesse importante et on s\u2019arrangeait quand m\u00eame. C\u2019est l\u00e0 que j\u2019ai appris et d\u00e9couvert \u00e9norm\u00e9ment de choses, et que j\u2019ai v\u00e9cu avec des quantit\u00e9s de coll\u00e8gues de toute la France. On faisait beaucoup de voyages d\u2019\u00e9tude avec l\u2019agricole. Pour l\u2019horticulture, on allait en Val de Loire ou en Bretagne. J\u2019ai des souvenirs extraordinaires de \u00e7a.<\/em><\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 12pt;\"><strong>C.R&nbsp;: C\u2019est \u00e9norme tout ce que vous racontez&nbsp;!<\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 12pt;\"><strong><em>J.L&nbsp;: J\u2019ai eu la chance aussi avant d\u2019\u00eatre pr\u00eatre de passer les grandes vacances en \u00e9tant moniteur de colonies de vacances. Aujourd\u2019hui on dirait animateur&nbsp;! C\u2019est comme \u00e7a qu\u2019en 1960 avec l\u2019abb\u00e9 Vince, on a utilis\u00e9 les b\u00e2timents de la SNCF (le pont de camps) qui avaient servi aux ouvriers qui construisaient le barrage de Fabr\u00e8ges. <\/em><\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 12pt;\"><strong>C.R&nbsp;: Pont de Camps appartenait \u00e0 la SNCF&nbsp;?&nbsp; La SNCF a particip\u00e9 \u00e0 la construction du barrage&nbsp;?!<\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 12pt;\"><strong><em>&nbsp;<\/em><em>J.L&nbsp;: Et oui, ce n\u2019est pas EDF qui a voulu la construction du barrage mais bien la SNCF qui a fait le barrage et ainsi a amen\u00e9 l\u2019\u00e9lectricit\u00e9. A partir de ce moment-l\u00e0, on a demand\u00e9 \u00e0 recevoir des jeunes dans leurs b\u00e2timents. Ils nous l\u2019on accord\u00e9s puisqu\u2019il n\u2019y avait plus d\u2019ouvrier, et puis on leur a demand\u00e9 si on ne pouvait pas les acheter, chose qu\u2019on a faite pour pas grand-chose. (Le \u00ab&nbsp;on&nbsp;\u00bb est une association, dont Justin et d\u2019autres abb\u00e9s faisaient partis, qui est toujours aujourd\u2019hui propri\u00e9taire des lieux). &nbsp;Et du coup, on a commenc\u00e9 \u00e0 am\u00e9nager la vie des jeunes l\u00e0-bas&nbsp;: l\u2019\u00e9t\u00e9 pour commencer, et d\u00e8s 1967, il y a eu des stages d\u2019hiver. On y allait avec les \u00e9l\u00e8ves. Il y avait de la neige, et pleins de merveilleux souvenirs l\u00e0 encore.<\/em><\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 12pt;\"><strong>C.R&nbsp;: Vous donniez des cours l\u00e0-bas aussi&nbsp;?<\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 12pt;\"><strong><em>J.L&nbsp;: Non, c\u2019\u00e9tait une semaine d\u2019\u00e9tude, c\u2019est ce qu\u2019on appellerait aujourd\u2019hui la connaissance du milieu. Mais en fait, c\u2019\u00e9tait une d\u00e9tente, une ouverture, on apprenait pleins de choses. Il n\u2019y avait pas beaucoup de ski \u00e0 l\u2019\u00e9poque. On vivait l\u2019hiver dans la neige. Pendant 25 ans et plus, j\u2019\u00e9tais responsable des groupes. L\u2019\u00e9t\u00e9, on recevait des groupes de jeunes, des familles, et en dehors de l\u2019\u00e9t\u00e9 comme aux vacances de P\u00e2ques ou \u00e0 No\u00ebl, on organisait des stages de formations pour les jeunes animateurs. Ce qui fait que moi j\u2019avais la chance, quand je n\u2019avais plus de travail ici, d\u2019aller me d\u00e9tendre dans une ambiance de vacances. C\u2019est aussi ce qui m\u2019a donn\u00e9 une activit\u00e9 sportive tr\u00e8s importante. Il ne fallait pas regarder si on \u00e9tait fatigu\u00e9. La r\u00e9sistance physique qu\u2019il me reste par la gr\u00e2ce de Dieu, je crois qu\u2019elle a \u00e9t\u00e9 fortement cultiv\u00e9e comme \u00e7a. Ca m\u2019a aussi donn\u00e9&nbsp; l\u2019occasion de voir des gens de tous les \u00e2ges et de participer \u00e0 leur joie de d\u00e9couvrir la montagne. J\u2019ai conduit des groupes en haut du pic du midi d\u2019Ossau plus de 40 fois, et chaque fois, je ne voyais pas le pic, je ne voyais pas le rocher, mais je savourais la mani\u00e8re dont je vivais la mont\u00e9e avec le groupe. Je me souviens aussi beaucoup de ma vie avec les bergers. J\u2019ai v\u00e9cu une vie qui n\u2019\u00e9tait pas enferm\u00e9e dans le coll\u00e8ge ici, mais une vie en plein air avec les autres. C\u2019est \u00e0 cause de \u00e7a que j\u2019ai besoin de vivre avec des activit\u00e9s qui touchent l\u2019agriculture.<\/em><\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 12pt;\"><strong>C.R&nbsp;: Vous avez pris votre retraite en tant que professeur \u00e0 quel \u00e2ge&nbsp;?<\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 12pt;\"><strong><em>J.L&nbsp;: C\u2019\u00e9tait \u00e0 un peu plus de 60 ans, et puis la retraite de directeur, j\u2019avais 65 ans pass\u00e9. Je suis un vieux retrait\u00e9 maintenant, \u00e7a fait longtemps&nbsp;! <\/em><\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 12pt;\"><strong><em>Ah oui, et alors l\u00e0, l\u2019\u00e9v\u00eaque, pensant que je m\u2019ennuierais m\u2019a dit&nbsp;: \u00ab&nbsp;vous allez vous occuper de la paroisse d\u2019Arros et des paroisses voisines&nbsp;\u00bb. Et c\u2019est comme \u00e7a que j\u2019ai \u00e9t\u00e9 le cur\u00e9 de ces paroisses-l\u00e0 pendant quelques temps, jusqu\u2019au moment fatidique ou j\u2019ai eu 75 ans. L\u00e0, je n\u2019avais plus la possibilit\u00e9 d\u2019avoir des responsabilit\u00e9s ni dans le civile ni dans le religieux. J\u2019ai v\u00e9cu dans un premier temps sans trop savoir que faire, mais depuis, j\u2019ai d\u00e9couvert quelque chose de merveilleux&nbsp;: je n\u2019ai plus du tout de travail, mais j\u2019ai toujours&nbsp;: des occupations&nbsp;! Elles sont tr\u00e8s vari\u00e9es, et je n\u2019ai plus \u00e0 m\u2019occuper d\u2019organiser pour les autres. C\u2019est merveilleux, on est d\u00e9pendant certes, mais c\u2019est beaucoup mieux que d\u2019avoir \u00e0 \u00eatre responsable&nbsp;! <\/em><\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 12pt;\"><strong>C.R&nbsp;: Justement, si je vous demandais de me dire de suite un moment o\u00f9 vous \u00e9tiez responsable qui vous a marqu\u00e9, ce serait quoi&nbsp;?<\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 12pt;\"><strong><em>J.L&nbsp;: Ce serait un moment dont je me souviendrais longtemps, le moment o\u00f9 un huissier est venu ici au secr\u00e9tariat. On ne pouvait pas payer les imp\u00f4ts de la partie agricole. Les soucis financiers, je savais ce que c\u2019\u00e9tait. Alors je lui ai dit de m\u2019attendre, je suis mont\u00e9 dans mon bureau, on venait juste de recevoir le ch\u00e8que du minist\u00e8re de l\u2019Agriculture, parce que si on arrivait \u00e0 vivre, c\u2019est parce qu\u2019il y avait les subventions du minist\u00e8re de l\u2019Agriculture. Il fallait aussi payer les professeurs, et il y a eu des p\u00e9riodes o\u00f9 on manquait terriblement d\u2019argent. C\u2019\u00e9tait dur. Tout a chang\u00e9 en 1984, avec la fameuse loi Rocard. Cette loi a \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s favorable pour l\u2019Agriculture&nbsp;: gr\u00e2ce \u00e0 elle, la section d\u00e9pendante du minist\u00e8re de l\u2019Agriculture pouvait b\u00e9n\u00e9ficier de subventions du Conseil R\u00e9gional, et \u00e7a, \u00e7a a \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s bon, parce qu\u2019\u00e0 St Joseph qui d\u00e9pendait du minist\u00e8re de l\u2019Education Nationale, ce n\u2019\u00e9tait pas possible. C\u2019est comme \u00e7a que c\u2019est l\u2019Agricole qui a pu obtenir des subventions pour r\u00e9nover totalement le b\u00e2timent o\u00f9 la section agricole a ses classes encore maintenant. On avait \u00e9t\u00e9 oblig\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9poque d\u2019abandonner ces b\u00e2timents car l\u2019Education Nationale ne pouvait pas faire financer les travaux. C\u2019est \u00e0 ce moment-l\u00e0 qu\u2019est arriv\u00e9 celui qui m\u2019a remplac\u00e9, et il a pu avoir des subventions pour agrandir les serres. Nous avions construit la premi\u00e8re serre en 1972, beaucoup de choses ont \u00e9t\u00e9 am\u00e9nag\u00e9es en 92. Et puis, il y a eu les chevaux. Mon successeur s\u2019est dit&nbsp;: \u00ab&nbsp;tiens, on pourrait avoir des chevaux et faire participer les jeunes&nbsp;\u00bb. C\u2019est \u00e0 partir de l\u00e0 d\u2019ailleurs que l\u2019agricole d\u2019abord, mais ensuite St Joseph, s\u2019est terriblement f\u00e9minis\u00e9. Mais pendant ce temps-l\u00e0, il y a eu une chose qui a \u00e9t\u00e9 plus ennuyeuse&nbsp;: les gens ne venaient plus au lyc\u00e9e des Mouli\u00e9rats, ils ne venaient plus pour l\u2019\u00e9levage des vaches et des brebis. On voulait garder le nom des Mouli\u00e9rats, parce que pour tout le monde, les Mouli\u00e9rats, c\u2019\u00e9tait tout l\u2019ensemble du temps des abb\u00e9s Dupont, mais on l\u2019a chang\u00e9. C\u2019est devenu \u00ab&nbsp;le Lyc\u00e9e Technologique Agricole Nay Baudreix&nbsp;\u00bb. Pour les gens, \u00e7a faisait plus riche, priv\u00e9 bien s\u00fbr mais plus professionnel, et peut-\u00eatre moins rattach\u00e9 \u00e0 la terre\u2026 <\/em><\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 12pt;\"><strong><em>&nbsp;<\/em>C.R&nbsp;: Donc si on r\u00e9sume, combien d\u2019ann\u00e9es en tant que directeur&nbsp;?<\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 12pt;\"><strong><em>&nbsp;<\/em><em>J.L&nbsp;: Ca c\u2019est difficile, parce que je n\u2019ai jamais \u00e9t\u00e9 nomm\u00e9. Au bout de 7 ans, et c\u2019est une histoire qui m\u00e9rite d\u2019\u00eatre racont\u00e9e, celui qui est devenu par la suite le cardinal Etchegaray, avec qui j\u2019\u00e9tais tr\u00e8s ami (on \u00e9tait ensemble au s\u00e9minaire), m\u2019a convoqu\u00e9 un jour et m\u2019a dit&nbsp;:&nbsp;\u00ab&nbsp;il faudrait que tu viennes parce que j\u2019ai \u00e0 te parler, il faudrait que tu t\u2019occupes<\/em><em> d\u2019\u00eatre aum\u00f4nier et de r\u00e9unir de temps en temps les familles du monde agricole. Il y a un mouvement de jeunes qui s\u2019appelle la JAC (la jeunesse agricole chr\u00e9tienne) et il faudrait un mouvement pour les adultes&nbsp;\u00bb. Je lui ai r\u00e9pondu que je ne pouvais pas, mais il m\u2019a dit&nbsp;: \u00ab&nbsp;tu es le seul qui a fait des \u00e9tudes pour \u00e7a, donc tu vas le faire&nbsp;!&nbsp;\u00bb. Moi je lui ai r\u00e9pondu&nbsp;: \u00ab&nbsp;mais qui va s\u2019occuper de l\u2019\u00e9cole&nbsp;?&nbsp;\u00bb et l\u00e0, il m\u2019a dit&nbsp;: \u00ab&nbsp;Et toi tiens&nbsp;!&nbsp;\u00bb. Alors je lui ai dit une impertinence&nbsp;:&nbsp;\u00ab&nbsp;mais voyons au conseil \u00e9piscopal, est-ce qu\u2019il vous arrive d\u2019invoquer le Saint Esprit&nbsp;?&nbsp;\u00bb. Il a fait un saut en arri\u00e8re et m\u2019a dit&nbsp;: \u00ab&nbsp;pour les nominations, non&nbsp;! Mais pour l\u2019intitul\u00e9 des nominations, oui&nbsp;!&nbsp;\u00bb, parce qu\u2019il venait de s\u2019apercevoir avec terreur que depuis 7 ans que j\u2019exer\u00e7ais la fonction de directeur, je n\u2019avais jamais \u00e9t\u00e9 nomm\u00e9&nbsp;! A ce moment-l\u00e0, j\u2019ai \u00e9t\u00e9 nomm\u00e9&nbsp;: Justin Laban pr\u00e9c\u00e9demment Directeur de la section agricole \u00e0 Nay est nomm\u00e9 en outre Aum\u00f4nier du mouvement des Chr\u00e9tiens. C\u2019est ce qui m\u2019a donn\u00e9 la chance d\u2019aller en voyage d\u2019\u00e9tude en Palestine pendant trois semaines. Et vu qu\u2019on n\u2019avait pas beaucoup d\u2019argent, &nbsp;il \u00e9tait convenu qu\u2019on \u00e9tait log\u00e9 et nourri, et en contrepartie, on devait travailler. J\u2019y suis all\u00e9 trois fois.<\/em><\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 12pt;\"><strong><em>&nbsp;<\/em>C.R&nbsp;: Et si on parlait maintenant de votre vie actuelle&nbsp;?<\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 12pt;\"><strong><em>&nbsp;<\/em><em>J.L&nbsp;: Quand je n\u2019ai plus \u00e9t\u00e9 autoris\u00e9 \u00e0 avoir des responsabilit\u00e9s paroissiales, le directeur qui est le m\u00eame aujourd\u2019hui m\u2019a dit&nbsp;: \u00ab&nbsp;toi, on te voit mal dans une maison de retraite, est-ce que tu accepterais de vivre ici&nbsp;?&nbsp;\u00bb. Et voil\u00e0 comment depuis ce moment-l\u00e0 je b\u00e9n\u00e9ficie d\u2019un logement qui \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 am\u00e9nag\u00e9, et je peux vivre ici une vie qui peut faire envie \u00e0 tout le monde, parce que je vois du monde de tous les \u00e2ges, avec des responsabilit\u00e9s diff\u00e9rentes. Des enfants, malheureusement y\u2019en a trop maintenant, je n\u2019arrive plus \u00e0 tous les conna\u00eetre. Quand j\u2019\u00e9tais directeur, je connaissais tous les pr\u00e9noms des \u00e9l\u00e8ves comme le fait actuellement le directeur de St Joseph, mais ils me font des sourires et me disent \u00ab&nbsp;bonjour&nbsp;\u00bb. Et puis j\u2019ai la chance de temps en temps de pouvoir c\u00e9l\u00e9brer pour eux la messe, et d\u2019\u00eatre un peu connu pour les activit\u00e9s d\u2019aum\u00f4nerie, mais le travail principal dans ce domaine-l\u00e0 n\u2019est pas fait par moi.<\/em><\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 12pt;\"><strong><em>&nbsp;<\/em>C.R&nbsp;: Vous avez quand m\u00eame des journ\u00e9es bien charg\u00e9es. Vous avez 90 ans, mais vous restez tr\u00e8s actif, on peut m\u00eame dire que vous \u00eates encore un peu professeur, n\u2019est-ce pas&nbsp;mon p\u00e8re&nbsp;?<\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 12pt;\"><strong><em>&nbsp;<\/em><em>J.L&nbsp;: Et oui, parce que je m\u2019occupe du groupe de b\u00e9arnais. Pendant un certain temps, j\u2019allais donner des cours les lundis \u00e0 Arzacq, les mardis et mercredis \u00e0 Nay, les jeudis \u00e0 Pau ou \u00e0 Lembeye et les vendredis \u00e0 Pontacq, mais maintenant j\u2019ai \u00e9t\u00e9 oblig\u00e9 de r\u00e9duire la voiture, donc je ne fais les cours \u00e0 Nay qu\u2019en remplacement, et les cours \u00e0 Pontacq. Ca me donne l\u2019occasion de fr\u00e9quenter beaucoup d\u2019universitaires, parce qu\u2019il y a beaucoup de gens qui se passionnent pour la langue gasconne&nbsp;: les linguistes, les professeurs de la Sorbonne et beaucoup d\u2019autres. Ca m\u2019ouvre l\u2019esprit \u00e0 beaucoup de choses. Ce qui fait qu\u2019actuellement j\u2019ai beaucoup plus de nouvelles du monde entier sur l\u2019ordinateur par des gens qui me demandent ou qui me donnent des r\u00e9ponses aux questions que je leur porte \u00e0 partir de la langue gasconne. J\u2019ai \u00e9t\u00e9 prot\u00e9g\u00e9 de la tentation de se refermer sur soi. Et ce que trouve beau, c\u2019est quand je vois cette semaine, les \u00e9l\u00e8ves qui ont fait une affiche pour \u00ab&nbsp;le ptit dej en car\u00eame&nbsp;\u00bb pour inviter tous ceux qui le peuvent \u00e0 faire une geste pendant le car\u00eame pour porter quelque chose comme un peu de chocolat ou du sucre \u00e0 ceux qui ont moins. C\u2019est \u00e7a qui est merveilleux et qui me donne envie de vivre un peu plus si c\u2019est possible.<\/em><\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 12pt;\"><strong><em>&nbsp;<\/em>C.R&nbsp;: Et vous continuez de passer \u00e0 la radio&nbsp;?<\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 12pt;\"><strong><em>&nbsp;<\/em><em>J.L&nbsp;: Oh oui, on m\u2019entend beaucoup \u00e0 la radio, seulement on me fait repasser combien de fois. C\u2019est \u00ab&nbsp;A la voix du B\u00e9arn&nbsp;\u00bb, il s\u2019agit d\u2019une certaine s\u00e9rie d\u2019\u00e9missions qui s\u2019appellent \u00abparles biarnes&nbsp;\u00bb (parlons b\u00e9arnais). Je le fais avec une petite cousine pour varier la voix, et puis d\u2019autres qui s\u2019appellent \u00ab&nbsp;promenades ou causeries&nbsp;sur le B\u00e9arn&nbsp;\u00bb. Celles-l\u00e0 je les fais avec des gens d\u2019autres r\u00e9gions. Par exemple, la semaine prochaine, je vais en faire une avec des gens d\u2019Arzacq. Ce qui m\u2019am\u00e8ne \u00e0 avoir des relations avec ces personnes-l\u00e0, et encore une fois, l\u2019ordinateur c\u2019est merveilleux parce qu\u2019on a pas besoin de se d\u00e9placer ou d\u2019attendre que le facteur soit pass\u00e9 pour pr\u00e9parer ou ensuite tirer des conclusions.<\/em><\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 12pt;\"><strong><em>&nbsp;<\/em>C.R&nbsp;: Donc vous savez bien vous servir d\u2019un ordinateur&nbsp;!<\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 12pt;\"><strong><em>&nbsp;<\/em><em>J.L&nbsp;: Oui mais attention, je ne m\u2019en sers que comme \u00e9l\u00e9ment de communication, et ou sinon, je ne regarde qu\u2019une chose, c\u2019est le site de St Jo, et encore depuis pas longtemps. Je vois comme \u00e7a ce qu\u2019il s\u2019y passe. Et puis je n\u2019ai pas trop de temps pour regarder la t\u00e9l\u00e9, les reportages et le reste.<\/em><\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 12pt;\"><strong><em>&nbsp;<\/em>C.R&nbsp;: Un mot peut-\u00eatre pour terminer ce joli retour sur votre longue et passionnante vie ?<\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 12pt;\"><strong><em>&nbsp;<\/em><em>J.L&nbsp;: Quand j\u2019\u00e9tais ici encore jeune professeur, il y avait un professeur \u00e2g\u00e9 qui me disait \u00ab&nbsp;vous savez quand est-ce qu\u2019on peut dire quand on est vieux&nbsp;? Et bien, c\u2019est quand il faut beaucoup de temps pour faire pas grand-chose&nbsp;! A ce moment-l\u00e0, vous savez que vous \u00eates vieux&nbsp;!&nbsp;\u00bb<\/em><\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 12pt;\"><strong><em>&nbsp;<\/em>C.R&nbsp;: Et bien vous \u00eates encore bien jeune alors&nbsp;!<\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 12pt;\"><strong><em>J.L&nbsp;: A condition que la sant\u00e9 reste \u00e0 peu pr\u00e8s&nbsp;!<\/em><\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 12pt;\"><strong>C.R&nbsp;: J\u2019ai vraiment pass\u00e9 un super moment, j\u2019ai battu tous les records, j\u2019ai m\u00eame mon portable qui a bugg\u00e9&nbsp;!<\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 12pt;\"><strong><em>&nbsp;<\/em><em>J.L&nbsp;: Et oui, j\u2019avais beaucoup de choses \u00e0 dire&nbsp;!<\/em><\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 12pt;\"><strong><em>&nbsp;<\/em>C.R&nbsp;: Et puis ce n\u2019est pas fini parce qu\u2019on pourrait encore en \u00e9crire des choses. En tout cas un grand merci, \u00e7a a \u00e9t\u00e9 un pur bonheur&nbsp;!<\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 12pt;\"><strong><em>&nbsp;<\/em><em>P.S&nbsp;: La photo de cette deuxi\u00e8me partie du portrait de Justin Laban a \u00e9t\u00e9 prise le jour des portes ouvertes de St Jo le 31 mars dernier. Elle r\u00e9sume tout&nbsp;: un homme heureux de vivre, g\u00e9n\u00e9reux, proche des gens et toujours pr\u00e9sent&nbsp;! Il est notre m\u00e9moire et notre guide, notre soutien et notre force, merci Justin&nbsp;!<\/em><\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 12pt;\"><strong><em>&nbsp;<\/em><\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 12pt;\"><strong><em>&nbsp;<\/em><\/strong><\/span><\/p>\n<p><em>&nbsp;<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Portrait du 31 Mars 2014 : Justin Laban &nbsp; Pour ce 21\u00e8me portrait, nous allons vous pr\u00e9senter une Institution, le plus vieux Monsieur de St Jo, et quel Monsieur&nbsp;: Notre Abb\u00e9 Justin Laban. 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