Portrait du 26 janvier 2015, Paula Beck, nouvelle élève en 1°S

Par • 25 Jan, 2015 • Catégorie: Le portrait de la semaine

Photo Paula Depuis des années, notre établissement a la particularité d’accueillir beaucoup d’étrangers, que ce soit dans le cadre d’échanges scolaires, d’élèves qui veulent venir passer une année ou quelques mois pour bien apprendre notre langue….…
Pour ce 14ème portrait, nous allons vous présenter Paula Beck, qui vient juste d’arriver et qui va finir son année scolaire avec nous en classe de 1°S avant de regagner son pays. Et quel pays me direz-vous ?
Après des élèves venus de Russie, du Costa Rica, d’Angleterre, d’Irlande, d’Allemagne et d’Espagne, c’est une Suissesse qui vient à notre rencontre !
Sa langue maternelle est l’allemand mais elle parle un peu le français et très bien l’anglais. Vous imaginez donc que l’interview n’a pas été tout simple, que les dicos ont bien servis mais, heureusement, on y est arrivé quand même !

 
Céline Ruiz : Bonjour Paula. Tu es en France depuis deux jours, pourrais-tu nous dire qui tu es et pourquoi tu as choisi de venir étudier à St Jo pendant six mois ?

Paula : Je suis Paula Beck. Je viens de Bâle (grande ville située dans le nord-ouest de la Suisse en bordure du Rhin, et à moins de 40 kms de Mulhouse). J’ai une famille : mon père, ma mère, ma sœur, elle a 13 ans (elle me fait le signe 1 et 3 !), et j’ai un petit chat. J’aime bien jouer au piano et je dessine. Dans mon école à Bâle, le dessin et l’art sont ma spécialité, comme vous ici avec les sciences pour les S. J’aime bien dessiner, faire de la peinture et faire de la photographie… (Elle cherche sur son portable la traduction !) argentique ! (C’est-à-dire photo sur pellicule qui nécessite donc un développement pour tirage sur papier et non numérique comme c’est la mode maintenant ! ). J’aime beaucoup faire ça aussi.

C.R : Tu es donc dans une école spécialisée en Art. Tu veux faire quoi plus tard comme métier ?

Paula : Tu me dis quoi ? Un travail pour gagner de l’argent ? (J’acquiesce). Ah ! Peut-être quelque chose avec la photographie et je sais pas parce que j’ai beaucoup d’idées mais je sais pas trop encore maintenant.

C.R : En Suisse, tu es en 1ère comme ici ou c’est différent ?

Paula : Non, c’est très différent. Nous avons le lycée qui dure 5 années. Moi maintenant, je suis en 3ème. Ça veut dire qu’il y a en premier 1ère année, 2ème et moi je suis en 3ème. En 5ème, on fait la mature*, c’est comme votre baccalauréat.

C.R : Pourquoi es-tu venue ici ?

Paula : Pour apprendre le français.

C.R : Pourquoi à St Jo ? C’est très loin de chez toi !

Paula : Parce que Juliette (sa correspondante qui est en 1°S2) est ici à l’école. J’ai trouvé la famille de Juliette grâce à deux amis. La mère de Juliette, Marie Claire, a dit que je peux aller chez elle pour un demi an . Moi j’ai dit, si vous me prenez, je viens . Elle a dit oui ! Et voilà, je suis ici avec Juliette, dans la classe de Juliette !

C.R : Ici, tu vas faire moins de dessin, ça ne va pas te manquer ?

Paula : J’irai à l’atelier Arts Plastiques du jeudi matin et après l’école je fais des dessins toujours pour moi ! Elle me fait un grand sourire !

C.R : Donc là, tu vas dormir à St Jo la semaine et le week-end tu seras chez Juliette ?

Paula : Oui, je dors ici le lundi, le mardi et le jeudi. Le mercredi, je vais à la maison de Juliette, jusqu’au jeudi.

C.R : Tu es contente de partir de ta maison pour venir ici ? Elle acquiesce. C’est la première fois ? Elle me répond encore oui !

C.R : Pourquoi avoir voulu te perfectionner en français ?

Paula : En Suisse, le français est une matière obligatoire à l’école**. Je fais français depuis cinq ans et c’est une matière où je réussis pas mal par rapport aux autres matières générales que je fais. Je trouve bien de partir et venir apprendre le français pour pouvoir parler la langue très très bien. C’est très important pour moi d’être ici.

C.R : C’est sûr que plus tard, si tu veux travailler chez tes voisins les français, c’est très bien de bien parler notre langue.

Paula : Ça m’aidera pour tout. Je ne veux pas forcément venir travailler plus tard en France mais je veux bien parler le français.

C.R : Ça ne doit pas être facile pour tes parents et ta sœur ?

Paula : Oui, c’était dur pour eux, beaucoup pour ma sœur, et pour moi aussi !

C.R : Tu vas rentrer pendant les vacances de février chez toi ou tu restes ici ?

Paula : Non, je reste là jusqu’à l’été !

C.R : Bon maintenant il y a Skype, Facebook, tu vas pouvoir les voir ou avoir des nouvelles en direct !

Paula : Oui ! Elle me fait un grand sourire ! Je fais déjà ça, c’est très bien pour les voir !

C.R : En Suisse, vous êtes en vacances quand ?

Paula : Nous avons des vacances pour carnaval et pour le ski en février, après nous avons des vacances en Avril, et après les grandes vacances, des vacances d’automne en octobre et les vacances de Noël. Les vacances d’été sont plus petites que vous. On finit vers le 10 juillet et on reprend vers le 15 Août. Et on a pas toujours 15 jours comme vous pour les petites vacances.

C.R : Tu as cours tous les jours, même le mercredi ?

Paula : Oui et le mercredi nous avons cours toute la journée ! Tous les jours, nous avons au moins cinq leçons différentes le matin, après il y a le repas, et après encore deux ou trois leçons. Je trouve que c’est plus qu’ici ! On travaille plus dans la journée. Ici, la journée est moins chargée et vous ne travaillez pas le mercredi après-midi. C’est mieux !

C.R : Donc pour résumer, en Suisse, moins de vacances et plus d’école !

Paula : Ouiiii ! Elle me fait une petite tête toute triste !

C.R : En Suisse, tu fais quoi en dehors de l’école ?

Paula : Je danse et je fais des choses comme de la gymnastique. A Bâle, je fais des parcours sportifs mais je suis pas trop sportive. Je sais que Juliette fait du cheval, moi je n’ai jamais fait du cheval, il faut prendre beaucoup de cours, c’est très difficile. Mais j’aime beaucoup les animaux.

C.R : Et bien Paula, je te remercie, je te souhaite un bon séjour chez nous et de bien te perfectionner en français ! Je trouve d’ailleurs que tu te débrouilles très bien !

Paula : Oh merci ! Elle rigole ! Merci à toi !
Voilà, vous venez de faire connaissance avec Paula, notre première Suisse ! Cette jeune fille est très sympa et souriante, naturelle, simple, et a l’air d’être très bien dans ses baskets ! Je pense qu’elle devrait plaire à beaucoup et bien s’adapter à sa nouvelle situation. On sera là pour l’aider et l’entourer à vivre au mieux son séjour parmi nous. Bienvenue donc Paula.

* La scolarité obligatoire en Suisse correspond aux degrés primaire et secondaire I, et s’étend sur neuf années (pour nous, ça équivaut du CP à la 3ème). Le degré secondaire II constitue la première phase de la scolarité post-obligatoire. Il regroupe en fait deux filières de formations distinctes:
– une filière de formation professionnelle, qui donne directement accès au marché du travail (elle dure souvent 3 ou 4 ans et se déroule en alternance avec une entreprise). Ceux qui réussissent l’examen de fin d’apprentissage obtiennent un diplôme appelé certificat fédéral de capacité (CFC).
– une filière de formation générale ou maturité qui prépare l’accès aux universités et aux hautes écoles. Il comprend tous les programmes de formation professionnelle et de formation générale (école de culture générale et école de maturité). La maturité professionnelle est basée sur la pratique et doit permettre aux diplômés d’entamer des études universitaires ou dans une haute école spécialisée. Il existe actuellement six maturités professionnelles différentes: technique, commerciale, artisanale, artistique, santé-sociale, et technico-agricole.

** Le français est obligatoire, car il faut savoir qu’en Suisse, il y a plusieurs langues nationales : suivant le canton où il habite, le suisse parle le français, l’allemand, l’italien ou le romanche (les trois premières étant en usage officiel pour les rapports à la Confédération ou aux cantons).
La Suisse est composée de 26 cantons qui ont chacun leur propre constitution, parlement, gouvernement et tribunaux. Plusieurs cantons sont même plurilingues !
Aujourd’hui, selon le recensement de 2012, 64,9 % de la population est germanophone et parle l’un des nombreux dialectes suisses allemands. 22,6 % francophone, le français étant parlé majoritairement à l’ouest du pays. L’italien, qui représente 8,3 % de la population est essentiellement parlé au sud des Alpes, et le romanche, 0,5 % se parle essentiellement dans le canton des Grisons et compte moins de 40 000 locuteurs.
À l’école, l’enseignement d’une autre langue nationale comme langue étrangère est obligatoire et est du ressort de chaque canton.